Sonko en pèlerinage l’Université Gaston Berger pour un meeting magistral

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Apres sa conquête du Walo, le candidat Ousmane Sonko est arrivé à Saint-Louis durant la nuit du mardi 19 février 2019. Au sein du campus social de l’Université Gaston Berger (UGB), le leader des Patriotes a fait savoir d’emblée devant une immense foule d’étudiants qu’il est venu introduire une conférence et non pas tenir un meeting de campagne. Discours aux relents académiques !

L’attraction de l’élite et de la jeunesse autour du candidat Ousmane Sonko est chose réelle. Le leader des Patriotes est le candidat maître des universités sénégalaises. Si son passage à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar lors de la première journée de campagne avait été un grand succès, le pèlerinage qu’il a effectué à Gaston Berger — où il a fait ses études supérieures —a battu le record de mobilisation. En Sankara revisité, l’énarque a drainé les foules estudiantines depuis l’entrée de l’établissement jusqu’au campus social. Devant des étudiants acquis à sa cause qui scandaient « Président ! Président » dans un vacarme sur fond de bousculade, le jeune phénomène politique précise. «Je vais pas faire un meeting, je vais faire une conférence.
Je veux que l’on considère que nous sommes en plein amphithéâtre pour une conférence ». La force intellectuelle du discours est ainsi annoncée. En style académique, Sonko amorce l’histoire macabre de ce temple du savoir ou il a fait ses armes en tant qu’étudiant qui a passé en ce lieu quatre ans d’études sanctionnées par une maitrise en droit public. « En 1997, deux ans après mon arrivée ici, les conditions s’étaient tellement détériorées qu’il y a eu une grève et c’était la première fois qu’ici à Sanar, on a ouvert le feu à balles réelles sur des étudiants. Il y avait eu des blessés graves dont certains avaient été évacués en France. Aujourd’hui, on nous parle de morts d’hommes, des étudiants sont assassinés et jusqu’à présent la lumière n’a pas été faite », rappelle t-il pour illustrer la souffrance chronique des étudiants. Le «système» est indexé. Le candidat de la coalition « Sonko président » pointe du doigt la classe politique traditionnelle qu’il accuse de faire œuvre d’une gestion gabégique. « Les responsables de cette situation, ce sont ceux qui sont là depuis Senghor, qui se sont partagé l’argent du Sénégal en se prévalant d’une expérience qui ne consiste qu’en la corruption et le népotisme, le détournement de fonds, le clientélisme et le manque criard de patriotisme », explique t-il avant d’exposer sur ses sujets de prédilection.

« Ce qu’ils ont fait avec nos ressources naturelles est une trahison d’Etat et ils vont rendre compte au peuple sénégalais »
Le candidat chouchou de la jeunesse, qui n’épargne le pouvoir en place dans aucune de ses sorties, est passe de l’histoire politique au secteur énergétique. « Ce qu’ils ont fait avec nos ressources naturelles est une trahison d’Etat et ils vont rendre compte au peuple sénégalais », prévient Sonko sur un ton cette fois-ci radical. Sur ce, le jeune candidat a décliné l’axe programmatique de son programme dans ce volet. « Notre priorité sera de renégocier impérativement les contrats pétroliers. Car rien qu’avec la renégociation de ces contrats, je peux vous garantir que nous allons multiplier le budget du Sénégal par cinq en deux ans pour l’investir dans l’éducation, dans l’enseignement supérieur, dans la santé, dans les infrastructures, dans l’agriculture et dans la pêche», promet il. En souverainiste convaincu, Sonko, dans une posture de conférencier, a jeté son regard critique sur les offres programmatiques par rapport à la politique monétaire, face à un auditoire estudiantin bien préparé à saisir le message. « Le candidat qui n’aura pas le courage de vous dire que le franc CFA n’est pas une bonne monnaie, ce candidat ne pourra pas développer le Sénégal », soutient le leader du Pastef, considérant que cette question de la monnaie représente un enjeu consubstantiel à tout essor économique.

Falilou Mbacke MBALLO, envoyé Spécial




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