les syndicats d’enseignants menacent de paralyser le système éducatif

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Les syndicats d’enseignants menacent de paralyser le système éducatif sénégalais si le proviseur du lycée Ahoune de Bignona et ses collaborateurs ne sont pas rétablis à leurs postes.

Les syndicats d’enseignants ne veulent pas laisser le proviseur du lycée Ahoune Sané de Bignona, son censeur et le surveillant général périr. Ils demandent à l’inspecteur d’académie de Ziguinchor, Siaka Goudiaby, de revenir sur sa décision de relever de leurs fonctions ces trois agents pour l’affaire dite Ousmane Sonko, faute de quoi ils vont lancer un mouvement national qui va paralyser le système éducatif dans l’ensemble du Sénégal. C’est du moins ce qu’a indiqué le mercredi soir Yancouba Badji, secrétaire général du Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal (SELS) de Bignona face à la presse. Selon lui, la décision de l’inspecteur est à la fois hâtive et extrême, c’est pourquoi, les enseignants demandent sa levée en attendant qu’on y voit plus clair dans cette affaire.

‘’Nous nous sommes dits que l’inspecteur d’académie s’est pressé de prendre cette décision parce que nous considérons que dans ce cas particulier, il pouvait attendre que l’enquête suit son cours (l’affaire a été portée devant le procureur) ou prendre des sanctions moins dures. Nous considérons que la décision de relever le proviseur, le censeur et le surveillant est très sévère, très lourde. Il pouvait adresser aux intéressés des demandes d’explications comme il l’avait commencé et ensuite faire d’abord des avertissements, le blâme, la mise à pied au lieu d’arriver au relèvement de ces agents. Donc nous jugeons que la décision a été prise à la hâte et elle est très sévère. On pouvait prendre d’autres sanctions qui pouvaient nous éviter la situation que nous vivons aujourd’hui dans la ville de Bignona où le système scolaire est paralysé depuis des semaines. Nous souhaitons aujourd’hui que l’inspecteur reconsidère sa décision en maintenant le proviseur, le censeur et le surveillant à leurs postes, nous l’avons notifié quand nous l’avons rencontré. A l’état actuel, si la situation perdure, nous n’excluons pas un plan d’action au niveau local et au niveau national. Nous avons déjà saisi nos camarades du G6 au niveau national’’, a-t-il déclaré.

Selon Yancouba Badji, la grève déclenchée par les élèves de la ville de Bignona depuis que cette affaire a éclatée crée aujourd’hui une grande crise scolaire au niveau de Bignona et pourrait gagner d’autres villes de la région.

‘’Vous vous rendez compte que tous les établissements du moyen secondaire de la commune de Bignona ne font plus cours, depuis que les élèves du lycée Ahoune Sané ont déclenché une grève à cause de cette affaire. Nous pensons que les élèves, pour cette question, doivent nous laisser nous en tant qu’organisation syndicale prendre ça en charge. Nous demandons les élèves de regagner les classes et de laisser les syndicats prendre la question en charge. Nous adressons la même demande aux enseignants du lycée Ahoune Sané. Et nous pensons que les démarches que nous sommes en train d’entreprendre vont porter leurs fruits à l’avenir. Parce que si les autorités continuent de maintenir leur position sur la question, nous serons obligés de passer à l’acte pour régler ça’’martèle t-il.

Pour rappel, on a accusé des responsables de cet établissement d’avoir fait la publicité de Ousmane Sonko en mentionnant ‘’Coalition Sonko président’’ sur des copies d’une classe de seconde qui devait faire une composition. On se rappelle que cette affaire avait créé un tollé et amené Siaka Goudiaby l’inspecteur d’académie de Ziguinchor à relever de leurs fonctions le proviseur de ce lycée, son censeur et le surveillant de cette classe en attendant que cette affaire soit tirée au clair. Mieux, il avait porté plainte contre X devant le procureur de la république de Ziguinchor. Et depuis, tous les élèves de la ville de Bignona sont dans la rue pour exiger que les fonctionnaires relevés soient rétablis à leurs postes.

Jean Diatta Correspondant permanent)




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