«Aquateck a montré ses limites», selon les conducteurs et gérants de forages du Sénégal

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« Face à l’échec de la réforme du sous-secteur de l’’hydraulique rurale, dont la gestion est confiée à Aquatech pour le compte des régions de Thiès et Diourbel, lequel fermier a montré ses limites, l’Etat du Sénégal doit prendre toutes ses responsabilités avant que le pire ne se produise ». L’alerte est de la Fédération nationale des conducteurs et gérants de forages du Sénégal, qui, à travers un point de presse tenu ce mardi 2 avril, a dénoncé un chapelet de manquements du fermier pour les régions de Thiès et Diourbel.

Après leur rencontre de Ziguinchor, les membres du bureau de la Fédération nationale des conducteurs et gérants de forages du Sénégal se sont retrouvés à thiès ce mardi 2 avril pour fustiger la manière dont se fait « l’exécution de la réforme en cours au Sénégal du sous-secteur de l’hydraulique rurale ». le président de ladite structure, Cheikh Wagne, de préciser que « dès le départ, notre position en tant que conducteurs et gérants est restée constante, pour dire que nous sommes d’accord pour une réforme du sous-secteur de l’hydraulique rurale. l’État a lancé des délégations de service public, donc a privatisé les forages, et des fermiers ont été choisis, dont aquatech pour les régions de thiès et Diourbel » explique-t-il. malheureusement, se désole m. Wagne, « depuis près d‘un an que cette société est à pied d’œuvre on constate beaucoup de manquements ». et de dénoncer « des retards de salaires pour la plupart des travailleurs, des compressions d’employés », également « un problème d’approvisionnement en carburant »

Des manquements d’autant plus regrettables, estime le porte-parole du jour de la Fédération nationale des conducteurs et gérants de forages que « les asufor, eux, s’acquittaient convenablement de leur devoir ». Cheikh Wagne et ses camarades s’offusquent du fait que « au niveau de certaines zones électrifiées comme à mérina Dakhar et à thilor, le courant est souvent coupé, comme c’est le cas actuellement ». Ce qui leur fait soupçonner « un déficit d’organisation au niveau du fermier aquatech ». Dans tous les cas, ils lancent un appel à l’etat pour qu’« il prenne ses responsabilités avant que le pire ne se produise ». la Fédération nationale des conducteurs et gérants de forage du Sénégal, soutenue par les populations, tend surtout la main à l’etat pour « pouvoir donner nos propositions sur la réforme pour qu’elle réussisse et soit inclusive, au grand bonheur de tous ». Selon ses membres, « si aquatech, depuis plus d’une année, pouvait faire grand-chose, on en saurait quelque chose. mais depuis un an d’existence, depuis que cette société est à pied d’œuvre, nous n’avons constaté qu’un échec patent de sa part »                                                                                                   « Nous alertons l’État pour lui dire que nous sommes constants dans notre position, sommes d’accord pour une réforme du sous-secteur de l’’Hydraulique rurale, dans sa phase de gestion, mais seulement il (l’etat) avait pris les devants en mettant en place des fermiers sans nous consulter, sans demander l’avis des acteurs impliqués dans ce domaine », regrette Cheikh Wagne. Selon lui et ses camarades, « ce que l’État avait pris comme décision n’était pas la bonne mesure, parce qu’aquatech, en une année d’exercice, a montré ses limites, ce qui s’est soldé par un échec patent ». et d’enfoncer le clou : « cette société ne parvient pas à approvisionner les forages en carburant, à payer les factures à temps ». a l’en croire, « de cette situation découlent les fréquentes coupures d’électricité que connaissent les forages dans les régions de thiès et Diourbel, les engagements vis-à-vis de la Senelec n’étant pas honorés ». il cite l’exemple de la localité de merina Dakhar où, à l’en croire, « tous les deux mois le forage est coupé pour défaut de paiement de la facture d’électricité ». Selon toujours Cheikh Wagne, « les autorités locales ne cessent d’intervenir, de faire des conciliabules pour que le courant soit rétabli, mais à chaque fois, deux mois après, les mêmes faits se reproduisent ». D’après toujours les membres de la Fédération nationale des conducteurs et gérants de forages du Sénégal, la même situation prévaut au village de thilor, vers le commune de mérina Dakhar, où le forage est tombé en panne pendant 21 jours, occasionnant des conséquences graves au niveau de la population riveraine. la société qui devait agir promptement ne l’ayant pas fait ». a en croire Cheikh Wagne, « du temps où il y avait les asufor, qui travaillaient de concert avec les conducteurs, pareille situation ne se produisait point ». et de souligner : « dès l’arrivée d’aquatech dans ces zones, nous lui avions tendu la main pour lui dire que l’idéal serait qu’on travaille de concert. C’était pour lui montrer comment faire pour que la réforme soit une réussite. mais ses éléments se sont suffi à eux-mêmes, ils sont allés sur le terrain et ont buté sur les obstacles, parce que gérer près de 200 forages n’est guère l’équivalent de manager une seule entité, comme le lac de Guiers. Pour cause, il y a autant de problèmes que de forages ». en leur qualité d’hommes du sérail totalisant avec plus d’une trentaine d’années d’expérience, connaissant les rouages sur le terrain, les membres de la Fédération nationale des conducteurs et gérants de forages du Sénégal pensent qu’ils devraient donc « pouvoir apporter notre touche pour que le réforme soit une réalité ». mais, regrettent-ils, « force est de constater que la manière dont cette réforme effectuée est catastrophique »

 Cheikh CAMARA, correspondant permanent à Thiès

 

«Des saboteurs tentent de faire croire qu’Aquatech est incapable»

Le responsable d’Aquatech, société délégataire de service public (Dsp) dans les régions de Thiès et Diourbel, estime que « le problème est assez simple ».

Selon lui, « ces ex-associations d’usagers de forages, asufor, qui ont été érigées en groupements d’intérêt économique de par la volonté d’aquatech doivent recouvrer et nous verser le montant des factures encaissées ». mais pour Pape Baye Diop niang, « puisqu’il y a eu un retard sur les 25 % que ce dernier doit nous rétrocéder, certains d’entre leurs responsables se sont arrogé le droit de prélever ces 25 % avant d’amener le reste de l’argent ». Cela, dit-il, « me pose un problème ». Pour la validation du paiement de la facture d’électricité, il demande à voir clair parce que « nous sommes une structure privée. nous sommes là pour donner un service de qualité mais pas pour engraisser des gens. Si nous ne faisons pas attention à la gestion, au bout d’un mois, nous risquons de mettre la clé sous le paillasson ». Surtout que, poursuit-il, s’agissant des coupures d’électricité, elles sont, dans la plupart des cas, la conséquence de retards sur la réception des factures.

et à ce titre, il estime que « sur certains cas, c’est par négligence mais sur d’autres, c’est fait volontairement, des saboteurs travaillent à amener à constater un problème de manque d’eau dans la zone et de dire par la suite qu’aquatech est incapable et que ce sont eux qui ont la solution ». Sur le plan des infrastructures, Pape Baye Diop niang de faire savoir que « c’est l’etat sénégalais qui devait faire une remise à niveau de toutes les installations qui sont d’une vétusté avérée et après un inventaire contradictoire aquatech va s’occuper de leur gestion pendant dix ans selon les termes du contrat d’affermage qui le lie à l’etat ». mais, fait-il remarquer, « même si l’inventaire contradictoire a été faite la remise à niveau tarde à être effective ».

  1. CAMARA



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