‘’J’étais malade, mais actuellement je suis en pleine forme…’’

11

César Atoute Badiate, le chef du front sud du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), déclaré ces derniers jours mort, notamment par « Lé Témoin », est bien vivant. Il s’est entretenu avec notre confrère Erick Salamon Bassène, le propriétaire du site d’informations www.lejournaldelinformation.com.

Dans cet entretien que nous reprenons ici en intégralité, le chef du camp de Kassolol confirme qu’il était bel et bien malade mais qu’actuellement, il a retrouvé sa forme. Il dément, dans la même foulée, avoir été admis dans une structure sanitaire en Guinée-Bissau et encore moins encore tenté de se rendre au Portugal pour de quelconques soins. ‘‘J’étais malade, mais actuellement je suis en forme. C’est mon corps qui me faisait mal. Mais je n’ai pas été admis dans un hôpital en Guinée Bissau pour des soins médicaux. Donc je suis là (dans le maquis). Aujourd’hui je suis en pleine forme. Je n’ai rien. Cette personne cherche à se faire de l’argent en véhiculant cette fausse information dans son journal‘‘ a déclaré César Atoute Badiate. Ce dernier d’ajouter qu’“ils ont vu que ma vie sera longue. Le fait d’annoncer ma mort signifie que ma vie sera longue‘‘. À la question de savoir s’il a tenté de se rendre au Portugal et, si à cet effet, il a tenté d’obtenir un passeport pour s’y rendre, le chef du front Sud du Mfdc a répondu en ces termes : ‘‘Non, non, ce n’est pas vrai. Ce n’est pas une réalité‘‘. Il réfute également toute rencontre avec un journaliste, donc l’annonce de sa mort signifie tout simplement qu’il aura une longue vie. ‘‘Ce n’est pas vrai. Je vous ai dit que je n’ai jamais eu de contact avec un journaliste. A part vous seulement. Ceux qui annoncent ma mort ont vu que ma vie sera longue‘‘.

Pour rappel, avec Salif Sadio, le chef autoproclamé de la branche armée de la rébellion, César Atoute Badiate est l’un des deux principaux chefs de guerre du Mfdc. C’est lui, avec l’appui de l’armée bissau-guinéenne du temps du régime de Nino Vieira, qui avait chassé Salif Sadio du sud, après plusieurs semaines de combats en 2006. Depuis, il règne en maitre au niveau du front sud et s’est établi à Kassolol, à la frontière bissau-guinéenne. La première attaque qu’il avait lancée contre Salif Sadio remonte à la nuit du 28 décembre 2 000 à Kassolol qu’il avait réussi à récupérer. C’est suite à cette attaque qu’il avait fait libérer certains chefs de guerre du Mfdc que Salif Sadio détenait dans un bunker, en attendant de les exécuter comme il l’avait fait avec d’autres comme Léopold Sagna, celui-là même qui avait remplacé le vieux Sidy Badji à la tête de Atika, la branche armée du Mfdc, Koubalasso Sambou et autres Dreux. Après avoir pris Kassolol en 2000, César Atoute lancera une nouvelle offensive en 2006, toujours avec l’appui de l’armée bissau-guinéenne, contre les positions de Salif Sadio qui s’était retranché à Baraka Mandioka. Après plusieurs semaines de violents combats, Salif et son état-major se replieront au nord, vers la frontière de la Gambie, ce qui rendit César maitre sur tout le front sud depuis la fin de cette bataille. Même le retour dans le maquis du vieux revenant Ousmane Niantang Diatta qui avait fondé sa propre faction vers Sikoun (à près de 100 km à l’est de Kassolol) n’y a rien changé. Certains combattants l’appellent même le Général César pour exprimer sa suprématie sur tous les autres chefs de guerre du Mfdc.

Jean Diatta (correspondant permanent à Ziguinchor)




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *